ancien amour

Ces matins resteront toujours avec moi
Ton corps inanimé, éperdu de sommeil
mais ton aura intacte :

jaune
orangée

la chaleur exhalait de tout ce qui te compose

je faisais le café
laissais le bain se remplir
dans l’attente de ton émergence
dans la petite solitude
ton sommeil veillait sur moi.

entre les hertz

Il y a quelque chose d’exaltant dans les rues désertées de minuit et trois quart
La cité écoulée de ses passants, titan abandonné à sa splendeur. Nous sommes deux solitudes qui se rencontrent.

 

Message de biscuit chinois sur le pavé: « On vous admire pour votre beauté intérieure. »

J’aimerais tant dire à nouveau « je t’aime plus que tout. »

Bell cause pour la cause pis moi je cause toute seule.

La maladie mentale – c’est aussi de ne rien manger pendant deux jours et de te gaver d’une pizza au complet et d’un gros pot de crème glacée le troisième jour. C’est de ne pas arriver à dormir parce que t’as oublié un sac à l’épicerie pour un total de 7$ et que tu ne pourras pas économiser ces dollars là et tous les dollars sont comptés et tu as envie de te frapper les genoux et la tête partout pour un total de 7 crisse de dollars. C’est vomir dans l’évier, dans le lavabo, dans la toilette, dans un plat Tupperware, peu à peu, en te forçant pour faire sortir le démon de la bouffe mais en n’arrivant qu’à te déshydrater. La maladie mentale c’est te sentir sale quand il y a de la nourriture qui circule en toi. My god que c’est pas pur, avoir de la nourriture en dedans de soi. C’est gratter sans arrêt les cicatrices de tes cuisses de peur qu’elles ne disparaissent mais les enduire de crème le lendemain de peur qu’elles ne restent. La maladie mentale c’est ton coeur qui bat à 130 au repos, stresser, mais stresser pour quoi, parce qu’il ne se passe rien. Stresser parce qu’il y a des gens autour de toi, des situations incontrôlables, un univers de péripéties plates. Ça paraît pas, tout le monde te dit que t’as l’air tellement calme pourtant. Le docteur a pas de médicaments pour toi, tu rentre dans aucun modèle, fais de l’exercice et de la méditation comme Ima.

Je vais écouter des films tragiques et me concentrer sur la gratitude.

L’ours se dresse sur ses deux pattes, toujours silencieux mais rapide et stressé. Elle recule vivement, le plus loin possible malgré sa position assise. La bête retombe sur ses quatre pattes et renifle l’air, son attention se détourne.

 

Il ne reste rien à dire qui fasse du sens. Les torrents sont à venir dans des vies que nous ne connaîtrons pas, les oiseaux ont changé leurs mélodies d’apocalypse; tu ne deviendra jamais soldat, ou espion, ou oracle. Tu es trop blanche pour Cuba mais trop brune pour la Sibérie. Tes rêves cauchemardesques d’Halloween anglo-saxons s’essoufflent au profit des ambitions capitalistes américaines.  Tu as laissé ton coeur d’enfant momifié au milieu des articles à rabais chez Wal-Mart.

Post-Noël

Journal 30 décembre 2016 : « Noël est passé déjà et je regrette les festivités de l’an dernier, ailleurs, dans une autre famille. Je crois que ma vie ici ne m’aura jamais satisfaite et que je chercherai toujours un moyen d’en fuir. Des souvenirs de l’an dernier me hantent depuis trois jours ; l’amour, les rires, l’énergie, les bons vivants, il me semble que rien ici n’évoque tout cela.
Je résiste encore à l’envie d’écrire à mon ex pour lui avouer que mes Noël à moi puent et que les siens me manquent. Je résiste à l’envie de lui dire que j’aurais voulu qu’il soit là le 24, que s’il l’avait été je n’aurais pas pris d’ecstasy la veille, que sa gaieté aurait illuminé ces soirées de plus en plus pénibles.
Quand j’aurai ma famille à moi nous aurons nos Noël et ils seront magique et fabuleux. La musique sera choisie et il y aura du vin pétillant, des huitres et un million de bouchées. Il y aura des jeux et des échanges de cadeaux, la maison sentira bon de plats épicés et de branches de sapin. »

Abitibi (pas) mon amour

Pour retourner dans les bois
pour respirer la mousse humide,
l’usée glacée
défaire le bois pourri
m’imprégner du bruit sourd du vent entre les pins gris
Chercher à tâtons le moyen de recoller mon âme
dans les souvenirs
dans les parfums
dans la lumière dense

11 – 2016

Mais toutes les nuits je rêve à lui car je ne sais plus de qui rêver d’autre;
mon amour tu ne m’as jamais fait bander mais je t’embrasserais comme jamais avant et tu en retomberais en amour pour tout le reste de ta vie.